Justine Fiorito / Journal de plateau Retour aux médias
Interview / CoulissesLa Scène Créative

Maquilleuse cinéma : les coulisses des
grands tournages

Justine Fiorito · Makeup Artist · Cinéma · SFX

Podcast · 37 min · 2026

Émission
La Scène Créative
Entretien & montage
Ilhem Ayad
Diffusion
19 février 2026
Ilhem Ayad au micro sur le visuel du podcast Ciné Qua Non
Fig. 01 — Interview

01 / L’entretien

Le métier,
hors champ.

Dans cet entretien mené par Ilhem Ayad, Justine Fiorito présente son métier de maquilleuse cinéma et effets spéciaux.

L’épisode aborde les réalités des tournages, le parcours professionnel, la diversité des peaux en maquillage cinéma, la présence en ligne et l’évolution du métier face à l’intelligence artificielle.

02 / Regarder & écouter

Une conversation
de plateau.

Justine Fiorito
La Scène Créative · 2026

Interview / Studio

Maquilleuse cinéma : les coulisses des grands tournages Justine Fiorito

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Version audio

Le même entretien,
à écouter.

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03 / Les sujets de l’épisode

Au programme.

Six thèmes annoncés dans la présentation officielle du podcast.

01 / Parcours

Devenir maquilleuse cinéma en France

Les voies d’accès au métier.

02 / Plateau

Les coulisses des tournages

Pression, horaires et gestion des équipes.

03 / Peaux

La diversité des peaux

Une question au cœur du maquillage cinéma.

04 / Métier

La présence professionnelle en ligne

Visibilité et métier d’intermittente.

05 / Évolution

Le métier face à l’IA

L’intelligence artificielle et les maquilleurs.

06 / Transmission

Les conseils pour se lancer

Les questions de celles et ceux qui débutent.

04 / Regards sur le métier

Approfondir
l’entretien.

Synthèse de l’entretien

Une lecture éditoriale de l’échange avec Ilhem Ayad, consacrée à la préparation des personnages et aux réalités du tournage.

01

Le métier de maquilleuse cinéma derrière la caméra

Le maquillage cinéma ne se résume pas au temps passé devant un miroir. Dans cet entretien, Justine Fiorito décrit un travail qui accompagne les comédiens avant, pendant et après les prises. La préparation en loge se prolonge par une présence attentive sur le plateau, puis par le démaquillage et la remise en état du matériel. Pour la Makeup Artist, l’enjeu est de contribuer à une histoire et à une émotion, que la personne préparée soit une tête d’affiche ou un figurant.

Cette contribution s’inscrit dans une organisation collective. L’équipe chargée des rôles et celle de la figuration peuvent avoir chacune leur encadrement, leurs assistantes et leurs renforts. La cheffe maquilleuse coordonne le travail tout en maquillant ; son assistante l’épaule. Lorsqu’elle arrive en renfort, la maquilleuse doit comprendre rapidement les demandes de l’équipe déjà constituée et s’imprégner de l’univers du film. L’intention de la mise en scène se traduit ainsi dans une préparation partagée.

La dimension humaine compte autant que la disponibilité technique. La loge est un moment de transition avant d’entrer sur le plateau. Certains comédiens souhaitent parler, d’autres préfèrent le silence. Il faut savoir écouter, respecter cette disponibilité et garder confidentiel ce qui s’échange. La discrétion décrite par Justine n’efface donc pas le métier : elle permet de travailler au plus près de la personne sans prendre la place du personnage ni perturber sa préparation.

02

Préparer les personnages pour le tournage

Un film n’est pas nécessairement tourné dans l’ordre de son récit. La continuité devient alors un repère essentiel : elle permet d’anticiper les comédiens présents, l’époque représentée et les effets à retrouver. Justine donne l’exemple très concret d’une barbe dont la longueur change selon les scènes. Une apparence vue un jour doit pouvoir correspondre à un autre moment de l’histoire, même si les séquences sont réalisées dans un ordre différent.

La préparation dépend aussi du poste occupé. Une assistante suit cette continuité au fil du tournage ; un renfort reçoit les intentions et les indications utiles pour la journée à venir. Lors de son premier travail à la figuration, elle se souvient de fiches précisant l’aspect à reproduire. Sur une production d’époque, les consignes peuvent notamment porter sur les patines. Il s’agit de rejoindre une proposition déjà définie, puis de la réaliser avec cohérence plutôt que de repartir de ses propres habitudes.

Costumes, coiffure et maquillage participent ensemble à la création de personnages. À propos de la figuration de The New Look, elle raconte comment le costume, le passage à la coiffure puis les patines transformaient progressivement les personnes préparées. Chaque département conserve toutefois son métier : l’ordre des passages peut varier et un travail simultané peut répondre aux contraintes de temps. Une fois sur le plateau, les raccords demandent observation et disponibilité. La retouche doit se faire au moment opportun, en respectant ce qui a déjà été réalisé et le déroulement des prises.

03

Les réalités des grands plateaux

Le rythme d’une maquilleuse de tournage suit celui des productions. Plusieurs mois sur un projet peuvent être suivis d’une période sans mission ; les renforts interviennent parfois quelques jours sur différents films. Cette alternance apporte une diversité de rencontres et de demandes, entre beauté, époque et effets spéciaux. Elle exige aussi de pouvoir rejoindre rapidement une nouvelle équipe. Sur ses premiers plateaux, Justine découvre que la mise en scène attend les personnes préparées : la rapidité fait partie des contraintes concrètes du poste.

Les journées peuvent être longues, avec une présence qui encadre celle des comédiens, de leur préparation à leur démaquillage. L’entretien évoque, à titre d’exemple, une journée commençant vers quatre heures du matin et se terminant vers dix-huit heures. Ce n’est pas présenté comme un horaire fixe, mais comme une illustration de l’amplitude possible. L’attente n’est pas pour autant du temps libre : il faut rester attentive à ce qui se passe et pouvoir intervenir dès qu’un besoin apparaît.

Un souvenir de nuit sur Les Trois Mousquetaires rend ces conditions très concrètes. En hiver, près d’un château et d’un lac, elle se rappelle surtout le froid et une longue attente liée à la logistique. À cette fatigue physique s’ajoute l’incertitude de l’intermittence : les contrats se succèdent sans garantir les projets suivants. Elle parle des doutes que cette situation peut provoquer, mais aussi du plaisir retrouvé dès qu’elle commence à maquiller. Son récit montre une activité qui demande de l’endurance, de la concentration et une organisation au-delà des seules heures de prise de vues.

04

Maquillage cinéma, diversité des peaux et lumière

Interrogée sur la diversité des peaux, Justine répond d’abord par une exigence de compétence : une formation doit permettre de prendre en charge les personnes qui passent sur la chaise de maquillage. Elle mentionne notamment les peaux noires et les peaux matures. Son propos porte sur la capacité à s’adapter à chacune, sans réduire une personne à sa carnation ni supposer qu’un même traitement conviendrait à tout un groupe.

La peau évolue également au cours d’un tournage. Le froid, des rougeurs ou une sécheresse passagère peuvent modifier son aspect ; l’attention ne concerne pas uniquement le visage, mais aussi le corps visible à l’image. Le travail comprend donc une dimension de soin et un échange avec le comédien. La préparation doit tenir compte de ce qui sera réalisé ensuite. L’entretien insiste sur l’observation d’une matière vivante et sur l’adaptation aux besoins du moment.

La lumière influence, elle aussi, le résultat recherché. Dans son expérience du cinéma, la maquilleuse privilégie le naturel et corrige les zones qui le nécessitent sans couvrir systématiquement tout le visage. Elle distingue cette approche de certains plateaux de télévision fortement éclairés, où le teint peut demander un travail plus soutenu, tout en précisant que les pratiques évoluent. Cette attention à l’image se retrouve dans son conseil aux comédiens préparant un book : préserver un visage reconnaissable plutôt que le transformer par un maquillage très sophistiqué.

05

Effets spéciaux et création de personnages

Ce qui intéresse Justine dans le maquillage d’époque et les effets spéciaux, c’est la possibilité de rendre une situation crédible. Elle évoque les rougeurs, les irrégularités ou les traces qui contribuent à l’apparence d’un personnage. Pour un court-métrage, elle a notamment recherché comment représenter une peau malade. Les nuances, les petites veines et les détails de surface l’intéressent davantage que la seule ampleur d’une transformation. Cette recherche de finesse nourrit son approche du character makeup.

L’entretien distingue clairement le maquillage et la fabrication des prothèses. Justine explique qu’elle ne les fabrique pas : elles proviennent d’ateliers ou de prothésistes. Selon l’organisation du projet, ces spécialistes peuvent assurer eux-mêmes la pose de bout en bout. Dans d’autres situations, la maquilleuse reçoit les éléments et doit pouvoir les poser, les maquiller et les suivre. Cette distinction permet de comprendre la répartition du travail sans confondre les compétences mobilisées.

Les demandes de blessures ou de petits effets SFX ne signifient pas non plus qu’une personne puisse prendre en charge toutes les transformations. Un vieillissement important demande, selon elle, une organisation spécialisée. Elle défend la nécessité de définir les responsabilités, y compris lorsque les budgets poussent à réunir maquillage, coiffure et effets spéciaux dans une même mission. Son regard se nourrit enfin de l’observation : les maquillages et raccords à l’écran, mais aussi les tableaux, leurs ombres, leurs couleurs et leurs formes. Pour un travail de SFX Makeup Artist, cette attention au détail participe à la crédibilité du personnage.

06

Le parcours de Justine Fiorito

Son intérêt pour le métier se précise pendant un CAP esthétique, à travers des cours de maquillage associés à Make Up For Ever. Lors de portes ouvertes à Paris, elle découvre une spécialisation tournée vers la télévision, le cinéma et les effets spéciaux. Elle candidate malgré le profil initialement attendu et obtient un entretien. Les stages lui ouvrent ensuite les portes des plateaux ; elle situe son premier cachet sur Valérian, pour une journée avec sa promotion.

La suite se construit progressivement. Après des débuts irréguliers, Karine Palazzi l’appelle pour Les Trois Mousquetaires, dont la figuration nécessite de nombreux renforts. Les rencontres faites sur un film rendent possibles d’autres collaborations. Au moment de l’entretien, Justine fait état d’expériences d’assistante et de nombreux renforts. Elle souligne aussi ce que les tournages continuent de lui apprendre et évoque la transmission reçue de Stéphanie Orillard. L’école a compté dans son parcours, mais elle ne la présente pas comme l’unique voie pour apprendre.

Internet complète cette construction professionnelle. Son site lui sert de vitrine pour montrer son travail et recevoir différentes demandes. Elle précise toutefois que ses longs-métrages lui arrivent par les rencontres et le bouche-à-oreille. Son espace professionnel Maquilleuse en action prolonge cette découverte de son travail de Film Makeup Artist. L’intelligence artificielle est abordée avec prudence : elle y voit une aide possible aux recherches et aux inspirations en préparation, tout en restant prudente sur l’évolution du métier.

Aux personnes souhaitant se lancer, elle conseille de persévérer, de choisir ce travail pour ce qu’il apporte réellement et d’oser parler aux équipes techniques comme aux productions. La prise de contact demande de l’initiative, mais aussi de la mesure. Pour situer son activité actuelle à Paris et en Île-de-France, découvrir le parcours et les expériences de tournage de Justine Fiorito permet de prolonger cet entretien.

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Une autre façon de découvrir le métier

L’interview donne accès à ce que le résultat final laisse rarement voir : la préparation, l’organisation, les choix de création et l’attention portée à la continuité. Elle montre aussi combien le maquillage plateau dépend de la collaboration, de l’écoute et du respect des autres métiers. Derrière un personnage à l’écran se trouve un travail qui commence en amont et se poursuit entre les prises. Pour évoquer les besoins d’un projet, il est possible de contacter Justine Fiorito pour un tournage.

05 / Sources & plateformes

Retrouver
l’interview.

L’épisode original est disponible sur ces plateformes. Les liens s’ouvrent dans un nouvel onglet.